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Pourquoi les RH sont au cœur de la nouvelle bataille des compétences

  • sgenty6
  • 19 déc. 2025
  • 4 min de lecture

L’économie mondiale est entrée dans une nouvelle phase : celle de la convergence massive des compétences.C’est le constat central du Global State of the Skills Economy Report 2026 publié par Cornerstone OnDemand, basé sur l’analyse de plus de 28 To de données, couvrant 200 pays, 50 000 compétences et des millions de signaux issus du marché du travail entre 2023 et 2025.


Derrière les chiffres, une réalité s’impose aux directions RH : les frontières traditionnelles entre compétences techniques et humaines s’effacent, obligeant les organisations à repenser en profondeur leur stratégie talents, leur approche du learning et leur modèle managérial.


L’explosion des compétences IA : un basculement historique


Le chiffre est sans appel : les compétences liées à la mise en œuvre de l’intelligence artificielle ont progressé de 245 % en un an, devenant la compétence la plus recherchée au niveau mondial.


C’est une rupture historique. Pour la première fois depuis plus de dix ans, la communication n’est plus la compétence numéro un, détrônée par la capacité à déployer concrètement des solutions d’IA dans les organisations.


Mais cette dynamique ne signifie pas une technicisation brutale de tous les métiers. Elle traduit surtout une attente forte des entreprises : transformer l’IA en valeur opérationnelle, et non la cantonner à des projets expérimentaux.


Pour les RH, cela pose une question clé :comment identifier, développer et faire évoluer des compétences IA au-delà des seuls profils IT, dans les fonctions métiers, managériales et RH elles-mêmes ?


La data devient une compétence transverse, y compris côté client


Autre signal fort du rapport : la hausse de 22 % de la demande en compétences de lecture et d’utilisation des données dans les métiers en contact avec les clients.


La donnée n’est plus l’apanage des experts. Elle devient une compétence de base, attendue chez les commerciaux, les chargés de relation client, les managers de proximité.


Cette évolution marque un changement culturel profond :

  • savoir interpréter des données,

  • prendre des décisions éclairées,

  • expliquer des choix à partir de faits mesurables.


Pour les directions RH, cela implique de revoir les référentiels de compétences et de sortir d’une vision trop cloisonnée entre “data” et “soft skills”. La compétence clé n’est plus la maîtrise d’un outil, mais la capacité à dialoguer avec la donnée.


Soft skills : le retour en force de l’humain… dans les métiers techniques


Contrairement aux idées reçues, la montée en puissance de l’IA ne marginalise pas les compétences humaines. Elle les rend indispensables.


Le rapport montre notamment :

  • +95 % pour l’intelligence émotionnelle dans les rôles techniques avancés,

  • +42 % pour la résilience et la flexibilité,

  • +28 % pour le leadership et l’influence sociale,

  • +18 % pour la pensée créative


Ces chiffres illustrent un basculement majeur :les entreprises ne cherchent plus seulement des experts techniques, mais des profils hybrides, capables de résoudre des problèmes complexes, de collaborer et de s’adapter dans un environnement instable.


Pour les RH, cela signifie que la performance ne se joue plus uniquement sur les compétences “dures”, mais sur la capacité à combiner technique et humain dans un même parcours professionnel.


Compétences vertes : une accélération structurelle, pas conjoncturelle


Autre enseignement majeur du rapport : la montée spectaculaire des compétences liées à la transition écologique.


Entre 2023 et 2025 :

  • +180 % pour les compétences en gestion de la durabilité,

  • +165 % pour les systèmes d’énergie renouvelable,

  • +156 % pour les technologies vertes


Cette dynamique est portée par des investissements massifs dans le climat, mais aussi par une pression réglementaire et sociétale croissante.


Pour les RH, l’enjeu est double :

  1. Anticiper les besoins en compétences vertes, souvent rares et en forte tension,

  2. Accompagner la reconversion de métiers existants vers des compétences durables.

La transition écologique devient ainsi un sujet RH à part entière, au même titre que la transformation digitale.


Santé et care : une alerte mondiale sur les compétences


Le rapport alerte également sur un autre front : la santé.


Le vieillissement de la population et la hausse des besoins en soins entraînent une demande massive :

  • +278 % pour les infirmiers diplômés,

  • +79 % pour les compétences en soins aux patients,

  • +145 % pour les biotechnologies


Ces chiffres soulignent une tension durable sur les métiers du care, avec des enjeux forts d’attractivité, de formation et de fidélisation.


Même hors secteur santé, cette tendance interpelle les RH : elle met en lumière la valeur stratégique des métiers du soin, de l’accompagnement et de la relation humaine dans une économie pourtant de plus en plus technologique.


Des compétences historiques en déclin : un signal d’anticipation pour les RH


En parallèle, certaines compétences traditionnelles reculent fortement :

  • service client : –45 %,

  • commerce et marketing : –22 %,

  • support administratif : –38 % Skills Economy report 2026 ok.


Ces baisses ne traduisent pas la disparition des métiers, mais leur transformation sous l’effet de l’automatisation.


Pour les directions RH, le message est clair :le sujet n’est pas de supprimer, mais de requalifier, de repositionner les compétences vers des tâches à plus forte valeur ajoutée.


50 % humain, 50 % IA : un équilibre encore fragile


Selon Cornerstone, la demande mondiale en compétences s’équilibre désormais à 50 % entre compétences humaines et compétences liées à l’IA Skills Economy report 2026 ok.

Un équilibre qui inquiète pourtant les dirigeants de l’éditeur.“Ce qui m’inquiète, c’est le manque de préparation de nombreuses organisations”, alerte Himanshu Palsule, CEO de Cornerstone. “L’avenir n’attendra pas les entreprises qui tardent à investir dans leurs talents.”


Pour les RH, ce constat pose une responsabilité majeure :passer d’une gestion statique des compétences à une logique d’agilité des talents, fondée sur la donnée, la formation continue et la mobilité interne.


Conclusion : les RH au centre de la nouvelle économie des compétences


Le Skills Economy Report 2026 envoie un message clair :la bataille des compétences n’est plus sectorielle, elle est globale, systémique et accélérée.


Dans ce contexte, la fonction RH change de statut. Elle n’est plus seulement gestionnaire des talents, mais architecte des compé

tences futures, garante de l’équilibre entre technologie, humain et performance durable.


Les organisations qui réussiront ne seront pas celles qui adopteront le plus vite l’IA, mais celles qui sauront former, accompagner et transformer leurs collaborateurs au rythme des mutations du monde du travail.

 
 
 

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